Dans une salle de quartier de Kipé, une soixantaine de jeunes se sont réunis samedi après-midi autour d’une question simple : comment se faire entendre des décideurs ? L’initiative, portée par un collectif d’associations de la commune de Ratoma, vise à créer un dialogue régulier entre la jeunesse et les responsables locaux.
Emploi, accès à l’eau, éclairage public, sécurité dans les quartiers, état des routes : les sujets abordés reflètent le quotidien des habitants de cette commune très peuplée de Conakry. Chaque participant disposait de quelques minutes pour exposer une préoccupation, ensuite consignée dans un cahier de doléances.
Créer la confiance par le dialogue
Pour les organisateurs, l’enjeu est d’abord de restaurer la confiance. « Beaucoup de jeunes pensent que leur voix ne compte pas. Nous voulons montrer qu’en s’organisant, on peut obtenir des réponses », explique Oumou Sylla, coordinatrice du collectif.
« Je ne veux pas seulement me plaindre sur les réseaux sociaux. Je veux comprendre comment fonctionne la commune et comment proposer des solutions. »
— Lansana Bangoura, étudiant à Ratoma
Des représentants de conseils de quartier ont pris part à la rencontre et ont répondu à certaines questions, notamment sur la gestion des ordures et les projets d’éclairage. Ils ont salué une démarche constructive, tout en reconnaissant que les moyens disponibles ne permettent pas de répondre à toutes les attentes.
L’éducation civique au cœur de l’initiative
Au-delà des doléances, le collectif mise sur la formation. Des sessions sur le rôle des institutions locales, le budget communal ou les droits et devoirs du citoyen sont prévues dans les prochaines semaines, dans plusieurs quartiers comme Hamdallaye, Koloma et Lambanyi.
Pour Boubacar Camara, sociologue spécialiste des mouvements de jeunesse, ces espaces jouent un rôle important. « Ils permettent de canaliser les frustrations vers des propositions concrètes et de prévenir les tensions », observe-t-il, en insistant sur la nécessité d’un suivi régulier des engagements pris.
Les organisateurs prévoient de remettre une synthèse des doléances aux autorités communales et de faire le point publiquement dans trois mois. Une manière, disent-ils, de mesurer si le dialogue engagé produit des résultats concrets pour les habitants.