Dans les allées du marché de Madina, à Conakry, la question du prix du riz revient dans toutes les conversations. Selon plusieurs grossistes interrogés, le sac de riz importé a connu de nouvelles hausses au cours des dernières semaines, une évolution qui se répercute rapidement sur les détaillants des quartiers et sur les ménages.
Les commerçants avancent plusieurs explications : fluctuation des cours internationaux, coût du fret maritime, taux de change et frais logistiques entre le port autonome de Conakry et les entrepôts. « Nous achetons plus cher, donc nous vendons plus cher. Notre marge, elle, n’a pas bougé », assure Elhadj Mamadou Bah, grossiste installé à Madina depuis une vingtaine d’années.
Les ménages adaptent leurs habitudes
Pour les familles, le riz reste l’aliment de base, et toute hausse se fait immédiatement sentir. Beaucoup de ménages achètent désormais au kilo plutôt qu’au sac, ou réduisent les quantités préparées chaque jour.
« Avant, j’achetais un sac pour le mois. Maintenant, j’achète un peu chaque semaine, selon l’argent que j’ai. Il faut aussi compléter avec du manioc ou de la patate. »
— Fatoumata Binta Sow, mère de famille à Matoto
Certaines familles se tournent également vers le riz local, apprécié pour son goût mais jugé parfois moins disponible ou plus irrégulier en qualité sur les marchés de la capitale.
Le riz local, une piste à consolider
Pour Sidiki Condé, économiste spécialiste des questions agricoles, cette situation rappelle la dépendance du pays aux importations. « La Guinée dispose de terres et d’eau pour produire davantage de riz. Mais il faut investir dans la mécanisation, le stockage, la transformation et les pistes rurales », explique-t-il, citant les potentialités de la Basse-Guinée et de la Haute-Guinée.
Des transformateurs de riz local, notamment dans les régions de Boffa, Kankan et Faranah, affirment observer une demande croissante. Mais ils soulignent la difficulté d’accéder au crédit et à des équipements modernes pour améliorer le décorticage et le conditionnement.
En attendant, à Madina, les commerçants espèrent une stabilisation des prix dans les prochains mois. Les consommateurs, eux, continuent d’ajuster leurs achats au jour le jour, dans un contexte où le pouvoir d’achat reste une préoccupation majeure.