samedi 3 octobre 2026
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Culture

À Niagassola, la transmission du Sosso-Bala mobilise une nouvelle génération

Dans la préfecture de Siguiri, les gardiens du Sosso-Bala, instrument légendaire classé au patrimoine immatériel, misent sur les jeunes pour faire vivre un savoir transmis depuis des siècles.

De jeunes apprentis observent un ancien jouer du balafon à Niagassola, dans la préfecture de Siguiri.
De jeunes apprentis observent un ancien jouer du balafon à Niagassola, dans la préfecture de Siguiri.

Au cœur du village de Niagassola, dans la préfecture de Siguiri, le Sosso-Bala n’est pas un simple balafon. Pour les habitants, il est la mémoire vivante de l’empire du Mandingue, un objet que la tradition fait remonter à l’époque de Soumaoro Kanté et de Soundiata Keïta. Inscrit sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO au début des années 2000, l’instrument est confié depuis des générations à la famille des Kouyaté, qui en assure la garde et en transmet le jeu.

Ces derniers mois, plusieurs initiatives locales ont vu le jour pour éviter que ce savoir ne s’étiole. Des séances d’apprentissage réunissent régulièrement des adolescents autour des anciens, sous l’arbre à palabres ou dans la case qui abrite l’instrument. On y apprend les rythmes, mais aussi les récits historiques qui les accompagnent.

Entre fierté et inquiétudes

La transmission ne va pourtant pas de soi. L’exode des jeunes vers Conakry ou vers les zones d’orpaillage, très actives dans la région, éloigne une partie de la relève. Les responsables communautaires évoquent aussi le manque de moyens pour entretenir les instruments d’apprentissage, fabriqués à partir de bois et de calebasses de plus en plus difficiles à trouver.

« Un balafon, on peut toujours le refaire. Ce qui ne se remplace pas, c’est la parole qui l’accompagne. Si les enfants ne l’apprennent pas ici, personne ne la leur apprendra ailleurs », explique Sékou Diabaté, enseignant à la retraite et membre d’un comité culturel local.

Un patrimoine qui attire au-delà des frontières

Le village reçoit chaque année des visiteurs venus de Guinée, du Mali voisin ou de la diaspora, curieux de découvrir ce symbole du monde mandingue. Certains acteurs culturels plaident pour un développement encadré du tourisme culturel, qui pourrait apporter des ressources sans dénaturer le caractère sacré de l’instrument.

Des étudiants en histoire et en musicologie de Conakry ont également entrepris de documenter les chants et les récits associés au Sosso-Bala, par l’enregistrement audio et vidéo. Une démarche saluée par les habitants, à condition qu’elle se fasse dans le respect des règles fixées par les familles gardiennes.

À Niagassola, chacun semble convaincu d’une chose : l’avenir du Sosso-Bala se joue moins dans les musées que dans la volonté des jeunes de reprendre le flambeau.

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