samedi 3 octobre 2026
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Politique

Décentralisation : les communes de l’intérieur réclament davantage de moyens

Réunis à Mamou, des élus locaux et responsables communaux ont plaidé pour un transfert plus effectif des ressources vers les collectivités. Ils estiment que leurs missions dépassent largement leurs budgets.

Des élus locaux réunis lors d’un atelier régional à Mamou.
Des élus locaux réunis lors d’un atelier régional à Mamou.

La question des moyens des collectivités locales est revenue au centre des débats lors d’un atelier régional organisé cette semaine à Mamou. Plusieurs responsables communaux venus de Labé, Dalaba, Pita et Faranah y ont partagé un même constat : les compétences transférées aux communes progressent plus vite que les ressources mises à leur disposition.

Assainissement, entretien des marchés, état civil, petites infrastructures scolaires et sanitaires : la liste des missions confiées aux communes est longue. Mais, selon les participants, les recettes locales restent faibles et dépendent fortement des taxes de marché, difficiles à recouvrer.

Des recettes locales encore fragiles

Plusieurs intervenants ont souligné la difficulté de mobiliser les ressources propres. « Beaucoup de contribuables ne voient pas à quoi sert la taxe. Si nous voulons qu’ils paient, il faut des résultats visibles », estime Thierno Amadou Sow, secrétaire général d’une commune rurale de la préfecture de Pita.

« La décentralisation ne peut pas réussir si les communes sont seulement chargées de problèmes, sans les moyens de les résoudre. »

— Mariama Ciré Baldé, conseillère communale à Labé

Les échanges ont également porté sur la formation des agents communaux, la numérisation de l’état civil et la transparence dans la gestion budgétaire. Des participants ont proposé la publication régulière des comptes communaux afin de renforcer la confiance des citoyens.

Vers une meilleure coordination avec l’État

Les représentants des services déconcentrés de l’État présents à l’atelier ont pris note des recommandations. Ils ont rappelé que la décentralisation est un processus progressif, qui suppose à la fois un appui de l’administration centrale et un effort de bonne gouvernance au niveau local.

Pour Abdoulaye Diallo, chercheur en sciences politiques à l’université de Labé, ce type de rencontre reste utile, à condition d’être suivi d’effets. « Les constats sont connus depuis longtemps. La vraie question est celle du calendrier et des mécanismes concrets de transfert », analyse-t-il.

Un document de synthèse doit être transmis aux autorités compétentes dans les prochaines semaines. Les élus locaux espèrent qu’il nourrira les discussions sur le financement des collectivités, un sujet appelé à peser dans les débats publics des mois à venir.

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