Au grand marché de Kankan, les étals de fournitures scolaires ne désemplissent pas depuis le début de la semaine. Cahiers, stylos, règles, sacs et tenues scolaires s’empilent sous les parasols, mais les parents, liste à la main, hésitent souvent avant de payer. Pour beaucoup de familles, la rentrée représente cette année encore une dépense difficile à absorber.
Selon plusieurs commerçants interrogés, le prix de certains articles a sensiblement augmenté par rapport à l’an dernier. Ils l’expliquent par le coût du transport depuis Conakry et par la hausse des prix à l’importation. « Je ne gagne pas plus qu’avant, mais j’achète plus cher chez le grossiste », résume Sékou Diakité, vendeur installé près de la gare routière.
Des familles qui s’organisent
Face à ces contraintes, les parents rivalisent d’ingéniosité. Certains achètent les fournitures en plusieurs fois, d’autres récupèrent les manuels des aînés ou se regroupent entre voisins pour négocier des prix de gros. Les tailleurs du quartier Banankoroda, eux, sont très sollicités pour coudre ou retoucher les uniformes.
« J’ai quatre enfants à l’école. Cette année, j’ai commencé à acheter les cahiers dès le mois d’août, un peu chaque semaine, sinon je n’y arriverais pas. »
— Hawa Kanté, mère de famille à Kankan
Dans les écoles privées, les frais d’inscription constituent une autre source d’inquiétude. Plusieurs parents disent avoir demandé des facilités de paiement aux établissements, qui acceptent parfois un échelonnement sur le premier trimestre.
Les enseignants entre attente et préparation
Du côté des enseignants, la rentrée se prépare aussi avec ses propres préoccupations : effectifs chargés dans certaines classes, besoin de matériel pédagogique et attentes concernant les conditions de travail. « Nous sommes prêts à accueillir les élèves, mais nous espérons que les salles seront équipées à temps », confie Mohamed Lamine Keïta, professeur de mathématiques dans un collège public de la ville.
Les associations de parents d’élèves appellent à une concertation entre les familles, les écoles et les services éducatifs de la région afin que la rentrée se déroule dans de bonnes conditions. Elles encouragent aussi les initiatives de solidarité, comme les dons de kits scolaires organisés chaque année par des ressortissants de la diaspora originaires de Kankan.