Les camions chargés de marchandises ont recommencé à rouler sur l’axe N’Zérékoré–Macenta, en Guinée forestière. Après plusieurs semaines de perturbations dues aux pluies abondantes, des travaux de remblai et de réparation des passages les plus dégradés ont permis de rétablir une circulation plus fluide sur ce tronçon stratégique pour la région.
Durant la période la plus critique, certains véhicules ont été immobilisés pendant plusieurs jours dans des bourbiers. Les voyageurs étaient contraints de descendre pour pousser les minibus, et des denrées périssables comme la banane, l’huile de palme ou le manioc ont parfois été perdues avant d’atteindre les marchés.
Un axe vital pour le commerce régional
Cette route est essentielle pour l’approvisionnement des marchés de la Guinée forestière, mais aussi pour l’acheminement des produits agricoles vers Kankan et Conakry. « Quand la route est coupée, tout augmente : le transport, le riz, le carburant. Les clients nous accusent, alors que nous subissons aussi », explique Pépé Loua, commerçant au grand marché de N’Zérékoré.
« Nous avons passé trois jours bloqués avec notre chargement. Aujourd’hui, le trajet redevient possible, mais il faut rester prudent dans les zones encore glissantes. »
— Moussa Koné, chauffeur de camion
Les syndicats de transporteurs estiment qu’un retour à la normale complet prendra encore du temps. Plusieurs portions restent étroites, et le passage de véhicules lourds pourrait à nouveau abîmer la chaussée si les pluies se prolongent.
Des attentes pour un entretien durable
Pour les usagers, l’enjeu dépasse la simple réparation d’urgence. Ils réclament un entretien régulier et des ouvrages d’évacuation des eaux capables de résister à la saison des pluies, particulièrement intense dans cette partie du pays. Les services en charge des travaux publics indiquent que les interventions se poursuivront sur les points jugés les plus fragiles.
En attendant, les habitants de la région accueillent la réouverture avec soulagement. Au marché, plusieurs vendeuses constatent déjà une arrivée plus régulière des produits venus des villages environnants, ce qui pourrait, à terme, contribuer à stabiliser certains prix. Les transporteurs, eux, espèrent une saison sèche propice à des travaux plus profonds.