samedi 3 octobre 2026
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Économie

Simandou : à Kérouané et Beyla, l’économie locale entre espoirs et inquiétudes

L’essor du projet minier de Simandou transforme le quotidien des localités voisines. Commerçants, jeunes et agriculteurs y voient des opportunités, mais s’inquiètent de la hausse du coût de la vie.

Une rue commerçante de Kérouané, non loin du massif du Simandou.
Une rue commerçante de Kérouané, non loin du massif du Simandou.

Dans les villes de Kérouané et de Beyla, proches du massif du Simandou, l’activité économique a nettement changé de rythme ces dernières années. Restaurants, ateliers de réparation, petits hôtels et boutiques se sont multipliés pour répondre à l’arrivée de travailleurs et de sous-traitants liés au projet minier de fer, l’un des plus importants du pays.

Pour de nombreux habitants, cette dynamique représente une chance. « Il y a plus de clients qu’avant. Les gens viennent pour travailler et ils consomment ici », se réjouit Sia Kamano, qui tient un petit restaurant à Kérouané. Des jeunes de la région ont aussi trouvé des emplois de chauffeurs, de manœuvres ou de gardiens.

Le coût de la vie en hausse

Mais cette effervescence a son revers. Selon plusieurs habitants interrogés, les loyers et le prix de certaines denrées ont augmenté, rendant la vie plus difficile pour ceux qui ne bénéficient pas directement des retombées du projet.

« Mon fils a trouvé du travail sur un chantier, c’est une bonne chose. Mais pour les autres familles, tout coûte plus cher : la maison, la viande, même les légumes. »

— Karamo Doumbouya, agriculteur près de Beyla

Les agriculteurs évoquent par ailleurs des préoccupations liées à l’accès aux terres et à la préservation des ressources en eau. Ils souhaitent être davantage associés aux décisions concernant l’aménagement de leur territoire.

Former la main-d’œuvre locale

La question de l’emploi qualifié revient souvent. Beaucoup de jeunes de la région estiment manquer de formation pour accéder aux postes techniques les mieux rémunérés. Des centres de formation professionnelle proposent des cursus en mécanique, électricité ou soudure, mais les places restent limitées.

Pour Nfaly Camara, consultant en développement local, l’enjeu est de transformer une opportunité ponctuelle en développement durable. « Les grands projets miniers peuvent dynamiser une région, mais il faut planifier : formation, fournisseurs locaux, infrastructures sociales. Sinon, l’impact restera limité dans le temps », prévient-il.

Les communautés de la zone espèrent que les retombées du Simandou profiteront au plus grand nombre, notamment à travers les routes, les centres de santé et les écoles. Une attente partagée par de nombreux Guinéens, en Guinée comme dans la diaspora, qui suivent de près l’évolution de ce projet emblématique.

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