samedi 3 octobre 2026
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Sport

Football féminin : à Conakry, les académies de filles gagnent du terrain

Longtemps marginalisé, le football féminin guinéen se structure grâce à des académies de quartier. À Ratoma et Dixinn, des dizaines de jeunes filles s'entraînent avec l'espoir de porter un jour le maillot national.

Entraînement de jeunes footballeuses sur un terrain de Lambanyi, à Ratoma.
Entraînement de jeunes footballeuses sur un terrain de Lambanyi, à Ratoma.

Sur un terrain sablonneux de Lambanyi, dans la commune de Ratoma, une trentaine de jeunes filles enchaînent les exercices de passes sous le regard attentif de leur entraîneuse. Maillots dépareillés, chaussures parfois usées, mais une concentration totale. Ici, le football n’est pas qu’un loisir : c’est un rêve.

Ces dernières années, plusieurs académies dédiées aux filles ont vu le jour à Conakry. Souvent créées par d’anciennes joueuses ou des passionnés, elles accueillent des adolescentes de 10 à 18 ans, avec des séances plusieurs fois par semaine après l’école.

Briser les préjugés

Pour beaucoup de ces jeunes filles, le premier obstacle n’a pas été technique, mais familial. « Mon père disait que le football, c’était pour les garçons », se souvient Fatoumata Binta Bah, 16 ans, milieu de terrain. « Il est venu voir un match, et maintenant c’est lui qui me réveille pour l’entraînement. »

Chaque fille qui joue au football envoie un message : nous avons notre place sur le terrain comme ailleurs.

Ces mots sont ceux d’Aminata Cissé, ancienne joueuse et fondatrice de l’académie. Elle insiste aussi sur la scolarité : les joueuses doivent présenter leurs bulletins, et celles en difficulté bénéficient de cours de soutien organisés par des bénévoles.

Des moyens encore limités

Le manque d’équipements reste le principal défi. Ballons, chasubles, crampons et terrains praticables font souvent défaut. Les compétitions féminines, bien qu’en progression, restent moins nombreuses et moins médiatisées que celles des garçons, ce qui limite la visibilité des talents.

Certaines académies reçoivent toutefois l’appui de membres de la diaspora, qui envoient du matériel ou financent les déplacements pour des tournois. Des partenariats avec des écoles et des entreprises locales commencent aussi à se nouer.

« On ne demande pas la charité, on demande les mêmes chances », résume Aminata Cissé. Pour elle, le développement du football féminin passe par plus de compétitions de jeunes, une formation des encadrantes et une couverture médiatique régulière.

Sur le terrain de Lambanyi, la séance se termine par un petit match disputé dans la bonne humeur. Les plus jeunes rêvent déjà du maillot national. Et, au vu de leur détermination, personne ici n’ose leur dire que c’est impossible.

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