samedi 3 octobre 2026
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Sport

Basket-ball : à Kaloum, les tournois de quartier font rêver une nouvelle génération

Moins médiatisé que le football, le basket-ball séduit de plus en plus de jeunes à Conakry. Les tournois de quartier organisés à Kaloum et Dixinn révèlent des talents et rassemblent un public fidèle.

De jeunes basketteurs disputent un match de tournoi de quartier à Kaloum.
De jeunes basketteurs disputent un match de tournoi de quartier à Kaloum.

Le soleil se couche sur Kaloum, et le petit terrain de basket coincé entre deux immeubles s’anime. Les paniers sont fatigués, le revêtement porte les traces des années, mais l’ambiance est électrique. Ce soir se joue une demi-finale du tournoi de quartier, et des dizaines de spectateurs se pressent autour des lignes.

Dans un pays où le football règne en maître, le basket-ball trace discrètement son chemin. Inspirés par les championnats étrangers suivis à la télévision et sur les réseaux sociaux, de nombreux adolescents de Conakry se sont pris de passion pour la balle orange.

Des tournois portés par des bénévoles

Ces compétitions de quartier reposent presque entièrement sur l’énergie de bénévoles. « On organise tout nous-mêmes : arbitrage, inscriptions, sonorisation, et même les trophées », explique Moussa Fofana, coordinateur du tournoi et ancien joueur d’un club de la capitale. « Les commerçants du quartier nous aident un peu, et le reste, c’est la passion. »

Chaque édition rassemble des équipes de Kaloum, Dixinn, Matam et parfois de communes plus éloignées. Une catégorie féminine a même été ajoutée ces dernières années, avec un engouement qui a surpris les organisateurs.

Le basket m’a appris la discipline. Sur le terrain, si tu ne respectes pas tes coéquipiers, tu perds.

Ainsi témoigne Ibrahima Kalil Camara, 17 ans, meneur de jeu remarqué lors des dernières rencontres. Comme beaucoup de ses coéquipiers, il espère un jour poursuivre ses études et sa carrière sportive à l’étranger, à l’image de quelques Guinéens qui ont déjà tenté l’aventure.

Le manque d’infrastructures

Le principal frein reste le manque de terrains adaptés. Les salles couvertes sont rares, et beaucoup de terrains extérieurs souffrent d’un entretien insuffisant. Les clubs peinent aussi à trouver des ballons et des chaussures de qualité, souvent coûteux.

Les acteurs du basket guinéen plaident pour davantage de compétitions de jeunes et pour la formation d’entraîneurs, afin de mieux encadrer les talents qui émergent dans les quartiers.

Ce soir-là, à Kaloum, le match se termine sur un panier à la dernière seconde. Les spectateurs envahissent le terrain dans une explosion de joie. Preuve que, même sans grands moyens, le basket guinéen a déjà trouvé son public.

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