Ils ont étudié à Paris, Montréal, Rabat ou Dakar. Ingénieurs, médecins, informaticiens ou juristes, de nombreux jeunes Guinéens de la diaspora s’interrogent sur un possible retour au pays. Certains ont déjà sauté le pas, d’autres préparent leur projet à distance, entre deux séjours à Conakry.
Les motivations sont variées : envie de contribuer au développement du pays, attachement familial, opportunités dans des secteurs en croissance comme le numérique, l’agriculture, l’énergie ou les services. Pour beaucoup, l’expérience acquise à l’étranger constitue un atout à valoriser.
Une réinstallation qui se prépare
Ceux qui sont rentrés insistent cependant sur la nécessité d’anticiper. Le décalage entre les salaires, le coût de la vie, les démarches administratives ou l’accès au financement peuvent surprendre. Plusieurs réseaux d’entraide, animés par des membres de la diaspora, proposent désormais des conseils, du mentorat et des rencontres entre « repats » et candidats au retour.
« Je suis revenue avec beaucoup d’idées et peu de contacts. La première année, j’ai surtout appris à comprendre le terrain. Aujourd’hui, mon entreprise emploie six personnes à Conakry », raconte Nènè Oumou Sylla, fondatrice d’une start-up de services numériques.
Un phénomène observé dans toute la sous-région
La Guinée n’est pas un cas isolé. Au Sénégal, en Côte d’Ivoire ou au Ghana, des tendances similaires sont observées, encouragées par le développement des incubateurs, des espaces de coworking et des programmes d’accompagnement à l’entrepreneuriat. Les transferts de la diaspora restent par ailleurs une ressource importante pour de nombreuses familles ouest-africaines.
Les acteurs du secteur appellent à des mesures facilitant ces retours : reconnaissance des diplômes, accompagnement administratif, accès au crédit pour les porteurs de projet. Ils soulignent aussi que l’engagement de la diaspora ne passe pas uniquement par le retour physique : investissement, transfert de compétences et partenariats à distance sont autant de façons de contribuer.
Entre rêve et pragmatisme, ces trajectoires dessinent le visage d’une diaspora de plus en plus connectée à son pays d’origine.