samedi 3 octobre 2026
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Kankan : l’université et les jeunes entrepreneurs redonnent vie au centre-ville

En Haute-Guinée, la ville de Kankan voit fleurir cafés, ateliers numériques et petites boutiques tenus par des jeunes. Portée par sa population étudiante, la cité du Nafaya change de visage.

De jeunes clients travaillent dans un café-librairie du centre-ville de Kankan.
De jeunes clients travaillent dans un café-librairie du centre-ville de Kankan.

Sous les manguiers de l’avenue principale de Kankan, une enseigne colorée attire l’œil : un petit café-librairie ouvert il y a quelques mois par deux anciens étudiants. À l’intérieur, des jeunes révisent leurs cours, d’autres travaillent sur leur ordinateur grâce à la connexion internet proposée sur place. Le lieu est devenu un point de rendez-vous apprécié.

La deuxième ville du pays, capitale de la Haute-Guinée, a toujours été un carrefour commercial. Mais depuis quelques années, une nouvelle génération d’entrepreneurs y fait entendre sa voix, souvent issue de l’université de la ville et des écoles professionnelles.

Des projets nés sur les bancs de la fac

« Quand j’ai terminé mes études, je n’ai pas trouvé d’emploi. Alors j’ai créé le mien », raconte Lansana Kourouma, 29 ans, cofondateur du café. Avec son associé, il a mobilisé l’épargne familiale et un petit prêt pour lancer l’activité. Aujourd’hui, ils emploient trois personnes.

Autour d’eux, d’autres projets ont vu le jour : un atelier de réparation de téléphones, un studio de photographie, une marque de vêtements en bogolan et en tissus locaux, ou encore un service de livraison à moto qui dessert les quartiers de Banankoroda et de Kabada.

Kankan a toujours été une ville de commerce. Nous, on veut ajouter la créativité et le numérique à cette tradition.

C’est ainsi que Mariama Kanté, styliste de 26 ans, résume l’état d’esprit de ces jeunes créateurs. Sa marque vend désormais une partie de sa production en ligne, notamment auprès de la diaspora.

Électricité et financement, les deux freins

Les obstacles restent cependant réels. Les coupures d’électricité obligent nombre de ces entreprises à investir dans des groupes électrogènes ou des panneaux solaires, ce qui alourdit leurs charges. L’accès au crédit bancaire demeure par ailleurs difficile pour des structures jeunes et sans garanties.

Pour s’entraider, plusieurs entrepreneurs ont créé un réseau informel qui se réunit chaque mois pour partager conseils, contacts et opportunités. Ils espèrent attirer l’attention des structures d’appui et des partenaires au développement.

En attendant, le dynamisme de ces jeunes donne au centre-ville de Kankan une énergie nouvelle, bien visible le soir, lorsque terrasses et boutiques restent animées jusque tard.

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