Les averses qui se sont abattues sur Conakry dans la nuit de vendredi à samedi ont laissé derrière elles des rues transformées en rivières dans plusieurs quartiers de la commune de Matoto. Au petit matin, de nombreuses familles ont dû évacuer l’eau de leurs maisons à l’aide de seaux et de bassines, tandis que la circulation restait fortement perturbée sur certains axes secondaires.
À Sangoyah comme à Dabompa, les habitants décrivent une scène devenue presque habituelle à chaque saison des pluies. Les caniveaux, souvent obstrués par les déchets plastiques et le sable, ne parviennent plus à évacuer les eaux de ruissellement. Plusieurs boutiques situées en contrebas de la chaussée ont été envahies, et des marchandises ont été perdues.
« Chaque année, c’est la même chose. On nettoie, on sèche nos affaires, puis la pluie revient. Nous voulons des travaux sérieux, pas seulement des promesses. »
— Aïssatou Barry, commerçante à Sangoyah
Des caniveaux saturés par les déchets
Pour Mamadou Saliou Kouyaté, ingénieur en génie civil installé à Ratoma, le problème dépasse la seule intensité des précipitations. « L’urbanisation rapide a réduit les surfaces où l’eau peut s’infiltrer. Quand les caniveaux sont bouchés, l’eau n’a nulle part où aller », explique-t-il. Il plaide pour un curage régulier des ouvrages avant le début de l’hivernage et pour une meilleure gestion des ordures ménagères.
Des jeunes du quartier se sont organisés dès samedi pour dégager les principaux points de blocage. Munis de pelles et de brouettes, ils ont retiré une grande quantité de déchets accumulés dans les canalisations, permettant à l’eau de s’écouler progressivement dans la journée.
Les autorités locales attendues sur le terrain
Du côté de la mairie de Matoto, on indique qu’un recensement des zones les plus touchées est en cours afin d’orienter les interventions. Les services techniques assurent que des opérations de curage seront menées dans les prochains jours, en priorité sur les axes où la circulation reste difficile.
En attendant, les habitants restent inquiets à l’approche des dernières semaines de la saison des pluies. Beaucoup appellent à une coordination plus étroite entre les communes, les services d’assainissement et la population, afin de sortir d’une logique d’urgence qui se répète d’année en année. Les associations de quartier, elles, promettent de poursuivre les journées de salubrité chaque samedi.