samedi 3 octobre 2026
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Culture

À Conakry, les clubs de lecture redonnent aux jeunes le goût des livres

Dans les quartiers de Conakry, des clubs de lecture animés par des bénévoles réunissent élèves et étudiants autour des auteurs guinéens et africains, malgré le prix élevé des ouvrages.

Des jeunes membres d'un club de lecture échangent autour d'un roman dans une salle de classe de Ratoma.
Des jeunes membres d'un club de lecture échangent autour d'un roman dans une salle de classe de Ratoma.

Le samedi après-midi, dans une salle prêtée par une école privée de Ratoma, une vingtaine de jeunes s’installent en cercle, un livre à la main. Ce jour-là, ils discutent d’un roman d’un auteur africain contemporain. Les échanges sont animés, parfois passionnés. Bienvenue dans l’un des nombreux clubs de lecture qui se sont multipliés ces dernières années dans la capitale guinéenne.

Portés par des associations, des enseignants ou de simples passionnés, ces rendez-vous visent à répondre à un constat largement partagé : l’accès au livre reste difficile pour une grande partie de la jeunesse. Les librairies sont peu nombreuses, concentrées dans quelques quartiers, et le prix d’un roman représente souvent une dépense importante pour une famille.

Prêts, échanges et rencontres d’auteurs

Pour contourner l’obstacle, les clubs fonctionnent souvent sur le principe du prêt et de l’échange. Chaque membre apporte un ou deux livres, qui circulent ensuite de main en main. Certains groupes organisent aussi des rencontres avec des écrivains guinéens, des concours d’écriture ou des lectures publiques à l’occasion d’événements culturels.

« Beaucoup arrivent en disant qu’ils n’aiment pas lire. Au bout de quelques séances, ils réclament le livre suivant. Le problème n’a jamais été l’envie, c’est l’accès », observe Aïssatou Barry, professeure de français et animatrice d’un club à Kaloum.

Les réseaux sociaux jouent également un rôle. Des groupes en ligne permettent de partager des recommandations, de coordonner les échanges de livres et de maintenir le lien avec des lecteurs de la diaspora, qui envoient parfois des ouvrages depuis l’étranger.

Un besoin de soutien durable

Les animateurs reconnaissent que leurs initiatives restent fragiles. Sans local fixe ni financement régulier, plusieurs clubs ont dû suspendre leurs activités. Beaucoup plaident pour un renforcement des bibliothèques publiques et scolaires, ainsi que pour une meilleure diffusion des maisons d’édition locales.

En attendant, les lecteurs de Ratoma, Matoto ou Dixinn continuent de se retrouver chaque semaine. Avec une conviction : lire ensemble, c’est aussi apprendre à débattre, à argumenter et à se projeter dans l’avenir.

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