samedi 3 octobre 2026
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Société

N’Zérékoré : le marché hebdomadaire, carrefour de la Guinée forestière

Chaque semaine, le grand marché de N'Zérékoré attire commerçants et producteurs venus de toute la Guinée forestière et des pays voisins. Immersion dans un lieu d'échanges unique.

Étals de bananes plantains et d'huile de palme au grand marché de N'Zérékoré.
Étals de bananes plantains et d'huile de palme au grand marché de N'Zérékoré.

Dès l’aube, les taxis-brousse et les motos chargées de sacs convergent vers le centre de N’Zérékoré. Le jour du grand marché, la capitale de la Guinée forestière change de rythme. Huile de palme, kola, café, banane plantain, piment, poissons fumés : les produits de la région s’étalent à perte de vue, dans un brouhaha où se mêlent le kpèlè, le toma, le malinké, le pular et le français.

Ce marché est bien plus qu’un lieu de vente. Il est le point de rencontre de tout un territoire, où les producteurs des villages de Lola, Yomou, Macenta ou Beyla viennent écouler leurs récoltes et s’approvisionner en produits manufacturés.

Une porte ouverte sur la sous-région

Située non loin des frontières avec le Liberia et la Côte d’Ivoire, N’Zérékoré attire aussi des commerçants des pays voisins. « Je viens ici depuis plus de quinze ans pour acheter de la kola et de l’huile rouge », explique Martine Loua, grossiste qui revend ensuite ses marchandises dans d’autres localités. « Les prix sont intéressants et je connais les producteurs. »

Les échanges transfrontaliers, très anciens dans cette zone, reposent sur des réseaux familiaux et de confiance tissés au fil des générations. Ils font du marché un baromètre de l’économie régionale.

Quand le marché va bien, toute la région respire. Quand il ralentit, on le sent jusque dans les villages.

Ce constat est celui de Pépé Guilavogui, transporteur qui assure chaque semaine la liaison entre N’Zérékoré et plusieurs localités de la préfecture.

Routes et infrastructures, les attentes

Commerçants et transporteurs évoquent tous le même souci : l’état des routes, particulièrement pendant la saison des pluies, qui rallonge les trajets et fait grimper le coût du transport. Une partie des produits périssables se perd parfois avant même d’arriver sur les étals.

Les vendeuses réclament aussi de meilleurs aménagements : hangars couverts, points d’eau, toilettes et un meilleur système de collecte des déchets. Certaines initiatives locales de nettoyage, menées par des associations de jeunes, ont été saluées, mais restent ponctuelles.

Malgré ces difficultés, le grand marché demeure le cœur battant de N’Zérékoré. À la tombée de la nuit, quand les derniers camions repartent chargés, chacun pense déjà à la semaine suivante.

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