samedi 3 octobre 2026
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Société

Rentrée scolaire en Guinée : le casse-tête des fournitures pour les familles

Cahiers, uniformes, frais d'inscription : à l'approche de la rentrée, de nombreux parents guinéens jonglent avec un budget serré. Reportage dans les marchés et librairies de Conakry.

Des parents font la queue devant une librairie de Bonfi, à Matoto.
Des parents font la queue devant une librairie de Bonfi, à Matoto.

Devant une librairie du quartier de Bonfi, dans la commune de Matoto, une file de parents s’allonge en ce début octobre. Liste de fournitures à la main, Mohamed Lamine Touré compare les prix des cahiers et des stylos. Père de quatre enfants scolarisés, il a dû étaler les achats sur plusieurs semaines. « Si on achète tout d’un coup, il ne reste plus rien pour manger », confie-t-il.

Chaque année, la rentrée représente une lourde dépense pour les ménages guinéens. Aux fournitures s’ajoutent les uniformes, les chaussures, les sacs et, dans les écoles privées, les frais d’inscription et de scolarité. Beaucoup de familles disent avoir constaté une hausse des prix de certains articles par rapport à l’an dernier.

Système D et entraide

Face à ces dépenses, les parents rivalisent d’ingéniosité. Les manuels passent d’un aîné à un cadet, les uniformes sont retouchés par le tailleur du quartier, et les cahiers à moitié utilisés sont réemployés pour les brouillons. Au marché de Matoto, des vendeurs proposent aussi des livres d’occasion à prix réduit.

Je garde les livres de mes clients d’une année sur l’autre. Les parents me les revendent en juillet, d’autres les rachètent en octobre. Tout le monde y gagne.

Ainsi parle Abdoulaye Kaba, bouquiniste installé depuis une dizaine d’années sous un parasol au bord de la route. Selon lui, la demande pour les manuels d’occasion ne cesse de croître.

La diaspora en renfort

Dans de nombreuses familles, la rentrée est aussi un moment où la diaspora joue un rôle essentiel. Des transferts d’argent arrivent de France, des États-Unis, du Sénégal ou d’ailleurs pour aider neveux, nièces et petits-enfants. « Mon frère à Paris paie l’inscription de mes deux aînés. Sans lui, ce serait très difficile », reconnaît Kadiatou Soumah, mère de famille à Dixinn.

Des associations de quartier et des groupes de ressortissants organisent également des distributions de kits scolaires pour les enfants les plus vulnérables. Ces initiatives, bien que limitées, sont accueillies avec soulagement.

Malgré les difficultés, l’école reste une priorité absolue pour les parents rencontrés. « On peut se priver de beaucoup de choses, mais pas de l’avenir de nos enfants », résume Mohamed Lamine Touré, avant de repartir avec un sac de cahiers sous le bras.

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